Le littoral belge est confronté à un phénomène inédit : une centaine de petits requins, espèces en déclin dans leur environnement naturel, a été retrouvée morte sur les côtes. Ces individus, généralement non agressifs, pourraient avoir été pris dans des filets de pêche avant d’être rejetés à la mer sans être libérés rapidement.
Le nombre des cas a explosé en quelques jours. Le 28 mai 2026, des citoyens ont découvert les premiers spécimens près de Coxyde. Un jour après, le comptage s’est élevé à vingt-quatre individus, puis à quatre-vingts vers la fin de semaine, atteignant une centaine d’espèces en moins de trois semaines.
Joanna Desmidt, chercheuse du centre ILVO, souligne l’hypothèse d’une zone de reproduction entre La Panne et Coxyde. Selon ses analyses, les femelles gestantes migrent vers le nord au cours des mois de mai à septembre pour s’adapter aux températures marines plus élevées. « Ces requins commencent leur migration lorsque l’eau dépasse 13°C », précise-t-elle, en insistant sur la vulnérabilité de l’espèce face aux perturbations climatiques.
Des études approfondies portent sur des marques physiques pour identifier les causes du décès : ecchymoses, abrasions cutanées ou frottements contre des objets en pêche. Ces signes indiquent clairement une capture accidentelle et un rejet à la mer sans intervention humaine rapide.
L’espèce, dont la maturité est tardive et le nombre de jeunes réduit, s’expose désormais à un risque accru. Le déclin historique des populations marines en raison de la surpêche et de la pollution a été amplifié par ce phénomène. Les scientifiques rappellent que les requins jouent un rôle crucial dans l’équilibre écologique, régulant ainsi les chaînes alimentaires.
Pour limiter ces décès, des mesures urgentes sont recommandées : fermer temporairement certaines zones de pêche et encourager les pêcheurs à relâcher immédiatement les individus capturés. Des recherches antérieures montrent que la survie est nettement plus élevée lorsqu’un requin est remis en mer rapidement après avoir été pris dans un filet.
Joanna insiste également sur l’importance de renforcer les coopérations scientifiques pour identifier les zones de reproduction et améliorer la gestion des ressources marines. « Sans ces espèces, le système marin perd son équilibre », explique-t-elle en appelant à agir avec urgence face aux défis climatiques.