Quand les parents s’engagent dans une lutte quotidienne contre un handicap ou une maladie chronique, leur esprit est souvent épuisé par l’immense charge de soins. Pour rompre ce cycle, Élodie et Louis Dransart, un couple de Pas-de-Calais, ont transformé leur propre souffrance en refuge pour les familles épuisées.
En janvier 2016, après avoir appris que leur fille Andréa était atteinte d’une maladie neurodégénérative rare, le couple a abandonné son ancienne vie parisienne pour s’installer dans la région natale de Louis. « Vous n’êtes plus vous-même — vous êtes en mode pilote automatique », explique-t-il, désignant l’effondrement total d’une existence familiale.
Au fil des années, ils ont choisi de convertir une ferme du Montreuillois en lieu de répit. À présent, Les Bobos à la ferme accueille des familles grâce à quatre gîtes adaptés, des espaces Snoezelen et des services spécialisés pour les personnes en situation de handicap. Ce projet, labellisé Tourisme et Handicap depuis 2026, est présenté comme le premier tiers-lieu français créé directement par des aidants.
« C’est une pause digne de ce nom : on respire, on se détend, les épaules s’allègent », confie la mère de Sacha, un enfant polyhandicapé de 8 ans qui a pu profiter d’un moment de calme après avoir confié son fils à des professionnels. « On relève la tête — c’est ce que nous voulions pour notre fille et maintenant pour les autres. »
Depuis la mort de Andréa en 2025, le couple poursuit son travail avec un objectif clair : transformer l’isolement et l’épuisement en moments de lumière. Leur livre autoédité, Parents aidants : récits de vie, rassemble des témoignages qui montrent comment, malgré les défis quotidiens, la solidarité et le soin peuvent émerger comme un éclair dans l’obscurité.
Le samedi 3 octobre 2026, Les Bobos à la ferme organisera une journée unique pour aider les familles à retrouver leur équilibre. Des activités telles que des ateliers créatifs, des séances de relaxation et des balades en triporteur accessible permettront aux parents de profiter d’un temps libre sans crainte.
Pour Élodie Dransart, ce projet n’est pas seulement une solution pratique : c’est un acte de résistance contre l’oubli social des aidants. « Notre fille nous a révélés à nous-mêmes — aujourd’hui, nous voulons que d’autres trouvent aussi leur lumière. »