Les villages ruraux en danger : la menace de fermeture des postes de proximité

D’ici 2027, La Poste prévoit de transformer plus de 400 bureaux de poste en agences spécialisées, une décision qui met en péril les services essentiels dans 17 communes picardes. En Oise, six postes sont concernés, y compris celui d’Andeville où un habitant souligne son rôle crucial pour les personnes âgées sans accès aux banques.

« C’est la seule solution pour nous », explique Jean-Charles Morel, maire d’Andeville. « Les agents sont patients et guident ceux qui n’en savent rien. » Toutefois, l’agence postale future ne sera ouverte que 12 heures par semaine, ce qui complique la vie des communes.

Pour Jérôme Pottier, secrétaire général de la CGT-FAPT, cette réduction s’inscrit dans une « dégradation progressive » du service public. « En Oise, il ne reste que 59 postes fonctionnels contre 220 points de contact », précise-t-il. Il critique la stratégie de La Poste qui ferme des bureaux rentables dans les zones commerciales pour des raisons d’efficacité.

Les maires peuvent réclamer un veto sur ces transformations, comme à La Neuville-en-Hez où une mobilisation citoyenne a permis de sauver son poste. Mais pour beaucoup, la solution semble éloignée : les distances pour accéder aux services s’allongent, et les populations âgées risquent d’être exclues.

Avec cette étape dans l’érosion des infrastructures publiques rurales, les communes peinent à concilier leur besoin de services essentiels et la pression financière croissante.