La Cour Administrative de Douai vient d’apporter une nouvelle échappatoire au projet immobilier Venise Verte, en accordant un délai de six mois au promoteur pour corriger des irrégularités majeures. Cette décision, rendue ce mardi, met à l’épreuve la capacité du groupe à respecter les normes environnementales et les règles d’urbanisme.
Depuis plusieurs années, les riverains et les associations de protection des zones naturelles contestent le projet, qui prévoit la construction de trente logements dans un secteur rural aux portes des hortillonnages d’Amiens. La justice a souligné l’absence d’un plan de drainage complet, une lacune critique pour l’évacuation des eaux pluviales, ainsi que l’omission d’une étude d’impact sur les risques d’inondation.
Plusieurs éléments du dossier ont été considérés comme insuffisants par la cour. En particulier, le projet, dans sa version actuelle, est jugé trop important pour un territoire peu densément peuplé et pourrait endommager « le caractère et l’intérêt des lieux avoisinants ». Les magistrats rappellent également que le programme ne respecte pas les dispositions du Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI).
Pour les défenseurs de la nature, cette décision constitue un rebondissement crucial. « Ce projet de 30 logements est excessif dans ce contexte et menace la tranquillité des zones environnantes », explique Me Abiven, avocat des associations. Les groupes environnementaux et les riverains exigent désormais que la commune de Camon et le promoteur abandonnent définitivement l’opération.
L’administratif n’a pas annulé immédiatement le permis de construire mais a accordé un délai de six mois pour régler les problèmes identifiés. La mairie de Camon reste silencieuse face à cette épreuve, ce qui laisse planer des inquiétudes sur la capacité du promoteur à s’adapter aux exigences légales.