Dans un procès marqué par des révélations inédites, les enquêteurs ont évoqué une trame complexe impliquant cinq personnes dans la mort de Jean-Christophe Piel. Tué en août 2021 à Breuil-le-Vert (Oise), ce kinésithérapeute de 41 ans a été victime d’un homicide commandité, selon des indices recueillis au fil des mois.
Les investigations ont porté sur Delphine Pinto, sa conjointe en instance de divorce et accusée de violences contre ses filles. Placée en détention provisoire depuis plus de quatre ans, elle a été l’objet d’une enquête qui s’est orientée vers un complot familial pour toucher les assurances vie de la victime. Des écoutes téléphoniques ont révélé des termes codés comme « travaux » et « outil », interprétés par les enquêteurs comme des allégations à l’arme utilisée. Un ancien amant, selon le procès, aurait recruté deux autres personnes pour réaliser l’acte criminel, en relation étroite quelques semaines avant la mort de Piel.
L’avocat Arnaud Ledru a dénoncé une piste exclusive : « L’enquête s’est focalisée sur Delphine dès le 24 août, sans évaluer d’autres hypothèses. Cela signifie qu’on a négligé des preuves essentielles, comme celles impliquant les maris des maîtresses de Piel. »
Des grands enfants de la défendeure ont également déclaré en 2018 avoir été impliqués dans un « complot familial » pour punir leur grand-père. Selon eux, ce projet n’a jamais abouti. Me Guillaume Combes, l’avocat du suspect principal, estime que son client n’est pas adapté à une telle violence : « Il faut un coupable qui agisse avec calme et réflexion. Le casier judiciaire de ce dernier ne justifie pas un tel acte. »
Le procès se poursuit cette semaine en présence des proches de la victime, avec le délibéré prévu pour le 12 juin.