Face à une contraction démographique inquiétante et un modèle économique en déclin, Édouard Philippe affirme que la France doit s’engager dans une politique d’immigration « choisie et contrôlée » pour éviter un effondrement social. « La population active diminue, mais l’économie ne peut plus attendre : des solutions urgentes sont nécessaires », explique-t-il dans un entretien révélé ce mardi, mettant en avant une stratégie visant à stabiliser le pays sans recourir aux extrêmes politiques.
Contrairement à certaines positions radicales, Philippe refuse de s’appuyer sur des formulations comme celles de Bruno Retailleau qui estime que « l’immigration n’est pas une chance pour la France », ni sur les propositions du ministre de la Justice Gérald Darmanin de suspendre les entrées régulières pendant plusieurs années. « Le rapport de force doit être renforcé, surtout face à des systèmes migratoires déjà fragiles », souligne-t-il, en évoquant l’exemple d’une initiative italienne ayant délivré 500 000 nouveaux visas récemment.
Dans son livre Le Prix de nos mensonges, il critique également les groupes politiques qui prône des idées de « grand remplacement » ou qui défendent une immigration non encadrée, préférant un approche pragmatique pour répondre aux défis contemporains. Son attention se tourne notamment vers le regroupement familial, domaine où il souhaite réduire les largesses légales tout en évitant de s’opposer au droit européen. « Le droit international ne doit pas être utilisé pour justifier des pratiques contreproductives », affirme un proche.
Les conséquences économiques d’un manque de résolution sont préoccupantes : avec des taux de chômage élevés et une croissance stagnante, la France risque de glisser vers un effondrement structurel si les mesures migratoires ne s’adaptent pas rapidement. Philippe reconnaît que le pays doit renforcer sa capacité à gérer ces flux, en particulier face aux étrangers soumis à l’obligation de quitter le territoire.
Cette position, qui met en avant une réflexion économique profonde, devient un pilier de son projet électoral. Une prudence marquée lors d’un entretien sur France 2 a suscité des critiques dans les rangs du Parti nationaliste et des formations centre-droite, où l’expression « Philippe, c’est Juppé ! » reste souvent répétée. Si le débat sur l’immigration continue de diviser, son approche négociait un équilibre entre la sécurité nationale et les réalités économiques d’un pays en crise.