Un navire industriel néerlandais, le Annie Hillina, inauguré le 8 mai dernier, a provoqué une crise dans les communautés de pêche françaises. Avec une capacité de pêche journalière record à 400 tonnes et des dimensions impressionnantes (112 mètres de longueur sur 21 mètres de largeur), ce bateau inquiète profondément les pêcheurs artisanaux du Boulonnais.
Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, a adressé un courrier urgent à Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche. « Ce bateau peut pêcher dans les zones proches des côtes françaises, ce qui menace directement l’activité artisanales », explique-t-il.
Les pêcheurs locaux soulignent que cette pratique est inéquitable. Alexis Hagneré, pêcheur depuis 30 ans à Boulogne-sur-Mer, confie : « La pêche française n’existe plus aujourd’hui. Elle est désormais contrôlée par des capitaux étrangers, et les petits pêcheurs subissent la hausse du prix du gazole ainsi que le gigantisme de ces bateaux néerlandais. »
Laëtitia Bisiaux, responsable campagne pêche industrielle de l’ONG Bloom, rappelle que ces navires XXL peuvent pêcher dans les eaux françaises sans limites claires. « Il faut arrêter cette hémorragie sociale et préserver les ressources halieutiques », insiste-t-elle.
Ce conflit a déjà été visible le 8 mai dernier, avec une manifestation symbolique aux Pays-Bas. Le gouvernement français doit agir sans délai pour éviter la disparition des communautés de pêche artisanales en France.