Le dernier cri des fidèles : L’abbé Schnabel dénonce l’effondrement des communautés chrétiennes en Terre Sainte

Depuis des mois, l’abbé Nikodemus Schnabel, abbat de l’abbaye de la Dormition à Jérusalem et expert en Église orientale, émet une alerte alarmante : les chrétiens de Terre Sainte, déjà moins de 2 % de la population, menacent d’être effacés dans un avenir proche. « Si nous ne prenons pas acte de ce qui se produit, nos plus sacrés lieux deviendront des symboles vides », révèle-t-il, en rappelant que leur survie repose désormais sur une économie fragilisée par la guerre et l’instabilité.

Depuis 2019, le tourisme, vecteur essentiel pour près de 60 % des chrétiens arabophones, connaît un déclin sans précédent. Les incendies criminels, les profanations religieuses et les agressions publiques perpétrées par des groupes extrémistes juifs ont accru la tension dans ce territoire historiquement diversifié. « Ce n’est plus une question marginale », souligne l’abbé Schnabel, qui a récemment été victime d’une attaque physique et verbale à Jérusalem par deux jeunes Israéliens.

L’abbé, qui a reçu la bénédiction abbatiale du patriarche latin en 2023, condamne également le « sionisme chrétien » comme une menace directe pour l’équilibre éthique des communautés locales. « Cet idéal justifie la violence et ignore les droits des Palestiniens », affirme-t-il avec force. Il insiste sur une position humaniste, sans compromis politique : « Nous sommes pro-humanité, pas pro-Israël ni pro-Palestine ».

« L’Annonciation n’existera plus sans Nazareth, le Noël sans Bethléem », conclut l’abbé Schnabel. Son appel ne peut être ignoré : si les communautés chrétiennes disparaissent, la Terre Sainte risquera de perdre son essence vivante, transformant ses lieux saints en reliques éphémères.