Les bureaux de tabac, traditionnellement des points d’ancrage pour les habitants, font face à une crise inédite. Face aux hausses répétées des prix des cigarettes, des commerçants s’unissent pour protester. Dans l’Oise, Bastien Tellier, buraliste depuis un an et demi, décrit avec frustration l’évolution des tarifs : « Le prix a passé de 12,50€ à 13€, puis de 13€ à 13,50€… Et ce n’est pas fini. »
Cette augmentation annuelle de 50 centimes, consécutive chaque premier janvier, alimente des inquiétudes croissantes. « L’augmentation des prix entraîne la fuite des clients vers d’autres marchés moins chers », explique-t-il. Ce phénomène s’accompagne d’un boom du marché illicite : en 2025, les douanes ont confisqué plus de 26 tonnes de tabac contrebandier, soit une hausse de 182 %.
Serdar Kaya, président de la Confédération des buralistes, insiste sur l’urgence d’une action concrète. « Les prix continuent d’augmenter, le marché parallèle s’épanouit et notre réseau se fragilise. Nous demandons des décisions courageuses », affirme-t-il.
En même temps, la tendance nationale s’aligne avec leurs craintes. En France, le nombre de fumeurs a chuté de 4 millions en dix ans, et selon Santé Publique France, un tiers des personnes ont arrêté leur consommation à cause des hausses de prix.
Pour ne pas disparaître, les buralistes diversifient leurs activités : ventes de repas, boissons ou colis. « Grâce à cette combinaison, nous maintenons notre commerce local », précise Bastien Tellier. Cependant, en moyenne, 150 à 200 bureaux de tabac ferment chaque année dans le pays.
Ce défi montre l’importance d’une réforme des prix pour préserver ces espaces de proximité face à une pression économique sans précédent.