Chaque seconde perdue est une vie en danger : La grève des pompiers d’Amiens expose un système en déclin

Les sapeurs-pompiers professionnels d’Amiens ont ouvert mardi 8 septembre une grève de plusieurs semaines pour exiger une réelle augmentation des ressources face à l’escalade des incendies estivaux. Ce mouvement, déclenché par le manque d’efficacité dans la gestion des urgences, a eu lieu alors que les syndicats tentaient de présenter leurs revendications au ministère de l’Intérieur pour le projet de loi sur la sécurité civile.

À la caserne d’Amiens (rue Jules Ferry), le signe de grève est visible en lettres capitales, reflétant une mobilisation complète des équipes en service ce jour-là. Mathieu Flipo, président du Syndicat Autonome SPP-PATS de la Somme, a réagi à l’annonce du ministre Laurent Nunez : « Il n’y a aucune avancée sur le financement, les retraites ou les équipements individuels. C’est un statu quo qui nuit à la population ».

Le pompier souligne que les équipes, en gardes de 24 heures avec des sommeils réduits, font face à des délais d’intervention plus longs, ce qui entraîne des risques vitaux. « C’est une perte humaine sérieuse », a-t-il insisté, rappelant que le système actuel ne peut pas assurer des secours en temps utile pour les personnes en danger.

Malgré la nature symbolique de cette grève — qui ne perturbe pas immédiatement les services grâce à la réquisition des pompiers par les préfets —, le syndicat met en avant une hausse de 25 % des sollicitations depuis 2019, sans augmentation des ressources. Les centres de secours ruraux, souvent composés uniquement de volontaires, ne peuvent pas répondre à la demande croissante, ce qui conduit à une surcharge dans les zones urbaines.

« Il faut recruter massivement des pompiers professionnels pour assurer des interventions sécurisées », a insisté Flipo. La grève s’étendra jusqu’au 20 octobre, avec l’objectif de dénoncer la dégradation du service public en ciblant le projet de loi de finances. Deux rassemblements sont prévus : un au Champs de Mars le 27 septembre et une grande mobilisation à Paris le 29, organisés par l’intersyndicale de la fonction publique pour rappeler l’urgence de reformer les systèmes de secours.