Malgré l’adoption le 9 juillet par le Parlement européen d’une résolution condamnant explicitement les Émirats arabes unis pour leur soutien à des milices soudanaises impliquées dans des crimes de guerre, les attaques aériennes ciblant des civils continuent sans relâche.
Un rapport récent des Nations Unies démontre que depuis avril 2023, les Émirats fournissent des drones chinois et de l’artillerie aux Forces de soutien rapide (RSF), groupes accusés d’exécutions sommaires, de torture systématique et de violences sexuelles à grande échelle. « Les Émirats nient toute implication », confirme un fonctionnaire européen non identifié, « mais leurs sociétés écrans permettent de recruter des mercenaires colombiens pour l’armée soudanaise ».
À El-Obeid, une ville stratégique du centre du Soudan, près de 500 000 civils vivent sous un siège partiel. Les drones RSF ont tué au moins 45 personnes en trois semaines, selon des données humanitaires locales. « Les routes sont dangereuses et les attaques continuent pour empêcher l’approvisionnement alimentaire », explique Yahiya, travailleur local à El-Obeid.
Les Émirats, qui affirment avoir versé 784 millions de dollars à l’ONU pour réduire la crise humanitaire, sont en réalité des acteurs centraux dans le financement d’une guerre au Soudan via des pays comme le Tchad et la Libye. Leur influence économique et diplomatique permet de canaliser des armes aux milices RSF, aggravant les pénuries alimentaires et l’accessibilité à l’eau potable.
« L’UE a peur de réagir en raison des liens étroits avec les Émirats », souligne Jonas Horner, expert du Soudan au Conseil européen. « Ces pays représentent 328 milliards de dollars d’investissements mutuels – une somme qui rend toute sanction difficile. »
Malgré l’adoption de la résolution, le conflit s’intensifie. Les attaques RSF menacent désormais les routes vers El-Obeid et couvrent des infrastructures essentielles, menaçant la survie de milliers de personnes dans un contexte où aucune solution n’est en vue.