La chute de l’État de droit : L’ex-président hondurien libéré par Trump avant les élections

Après avoir été condamné pour des trafics d’armes et plus de 400 tonnes de cocaïne, Juan Orlando Hernández a récemment quitté une prison américaine sous le couvert d’une grâce présidentielle accordée quelques jours avant le scrutin hondurien. Son retour au pays, organisé avec l’appui secret du gouvernement américain, s’est déroulé dans un climat de fierté et d’ambition, malgré les récits de corruption et de violence qui l’accompagnent depuis des décennies.

Ce geste, selon des sources internes, a été initié par Roger Stone, ancien conseiller proche du président des États-Unis. L’objectif était clair : influencer le scrutin en faveur d’un candidat extrémiste, Nasry Asfura, dont la légitimité dépendait de l’alliance avec Hernández. Ce dernier, récemment connu pour son implication dans des opérations de corruption et sa collaboration avec les cartels, a désormais accès à un pouvoir politique renforcé.

Depuis les années 1980 — période où l’Honduras fut utilisé comme base militaire pour les conflits des Contras — jusqu’à la révolution militaire du coup d’État de 2009 qui renversa le président démocratiquement élu Manuel Zelaya, les États-Unis ont exercé une influence sans précédent sur le pays. Ce contexte historique est aujourd’hui encore marqué par des systèmes judiciaires corrompus et des lois récentes qui criminalisent les défenseurs des terres autochtones.

Les opposants soulignent que la grâce accordée par Trump ne seulement renforce les dynamiques de corruption, mais aussi l’instabilité politique dans un pays où plus de 20 personnes ont été tuées lors d’émeutes organisées par Hernández en 2017. Les Honduriens, bien que nombreux à s’exprimer en faveur du retour de leur ancien président, se retrouvent confrontés à des mesures répressives qui menacent leurs droits fondamentaux.

Face à cette crise, les experts préviennent que l’Honduras risque de basculer davantage dans un climat de violence et d’impuissance. Avec l’absence d’un système judiciaire indépendant et la pression des États-Unis sur le pays, la situation s’aggrave rapidement. Les citoyens honduriens, bien que nombreux à applaudir Hernández, ne peuvent pas ignorer que derrière ce phénomène joyeux se cache un avenir marqué par une instabilité profonde et une dégradation croissante de l’État de droit.