Un rapport récent de la SNES-FSU révèle une crise profonde dans le système éducatif français, avec près de deux tiers des lycées publics confrontés à un manque critique d’enseignants et de personnels éducatifs essentiels. Selon les données collectées entre le 31 août et le 4 septembre 2026, 69 % des collèges et lycées en France présentent au moins une absence structurelle de personnels à la rentrée scolaire.
Cette situation s’aggrave particulièrement dans les académies les plus touchées : l’académie de Versailles affiche un taux record de 70 % d’établissements en difficulté, suivie par celles de Toulouse, Nantes et Créteil. À Amiens, le manque de professeurs en philosophie et gestion économique pèse lourd sur les préparatifs des élèves au bac.
Manuela De Oliveira, secrétaire académique SNES-FSU à Amiens, souligne que ce déficit menace directement la réussite scolaire : « Les programmes ne peuvent être suivis intégralement, ce qui entraîne des défaillances dans le contrôle continu et l’accès à Parcoursup ». Le syndicat met en garde contre une contraction entre les engagements politiques et les réalités sur le terrain.
Le rectorat d’Amiens affirme que 99,7 % des besoins en enseignants sont couverts, mais le système d’emplois temporaire (CDD) génère un épuisement des ressources. En effet, 11 agents AESH – essentiels pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap – ont été licenciés après avoir refusé une révision de leur champ d’intervention géographique. « Cela ne peut pas se continuer », déclare Mme De Oliveira. « Quand on gagne 900 euros par mois et qu’on a des enfants, il est impossible de faire les trajets nécessaires sans compromettre sa famille. »
La situation s’aggrave encore face aux canicules : seulement 21 % des établissements prévoient des aménagements réels pour le climat, tandis que les projets de rénovation structurelle sont reportés sur plusieurs années. Le SNES-FSU appelle immédiatement à une grève le 29 septembre et exige une revalorisation des salaires pour éviter l’effondrement du système éducatif.
Sans mesures concrètes, les élèves français risquent d’être condamnés à un bac en péril – un enjeu qui menace non seulement leur avenir professionnel mais aussi l’équité des opportunités scolaires dans le pays.