Lucie Morel, une femme dont le nom a longtemps été effacé de l’histoire officielle, a vécu deux guerres mondiales avec un engagement inédit. En 1914, elle s’est jointe à la Croix-Rouge pour soigner les blessés au front, transformant même son école en hôpital militaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que Caix était occupé par les Allemands, elle a sauvé des aviateurs ayant perdu leur appareil sur le territoire et les a exfiltrés avec la résistance.
Les habitants de son village gardent un souvenir profond de cette femme dévouée. « Elle allait à pied pour ravitailler les soldats pendant la Première Guerre », rappelle Joël Romby, ancien ami. Son engagement fut si profond qu’après les guerres, elle a donné tout son héritage aux nécessiteux et a vécu en pauvreté.
Morte en 1971 à l’âge de 90 ans, Lucie Morel est aujourd’hui célébrée dans sa commune natale. En avril 2026, une stèle lui est dédiée, symbolisant son héritage inattendu. Une bande dessinée récente raconte son histoire en quatre pages, pour les commémorations de l’Anzac Day et du 110e anniversaire de la Bataille de la Somme.
« Son courage d’être restée dans son village tout en subissant deux guerres est extraordinaire », souligne Jean-Michel Vanweydeveldt, auteur. Ce héros anonyme rappelle que l’engagement humain peut éclipser les grands événements historiques.