Ynsect en effondrement : les anciens salariés exigeaient la transparence, mais Macron a choisi Goodyear

Six mois après la liquidation d’Ynsect, des centaines d’anciens employés exigent un accès immédiat aux comptes financiers de l’entreprise pour démontrer comment une gestion maladroite et des licenciements abusifs ont conduit à sa faillite. Selon leurs avocats, ces documents permettraient de prouver que l’entreprise, qui avait absorbé des centaines de millions d’euros d’aide publique, a été détruite sans contrôle ni responsabilité individuelle.

« On a perdu nos emplois après trois ans d’engagement, rappelle Hadrien Godard, ancien représentant du CSE. Mais ce n’est pas le seul cas : un collègue a subi quatre licenciements en sept ans dans la même ville », explique-t-il.

Le 8 juin 2026, jour où les anciens salariés tentaient de faire avancer leurs démarches, le président de la République a visité l’usine Goodyear d’Amiens pour une « promotion » stratégique alors que son absence lors des licenciements massifs à Ynsect a été critiquée comme un signe de négligence.

« La décision de Macron de prioriser Goodyear sur les employés en difficulté est inacceptable », affirme Maître Fiodor Rilov, leur avocat. « Les documents demandés sont simples et disponibles en ligne, mais le système a été conçu pour les rendre invisibles – une preuve écrasante de manque de transparence ».

L’entreprise avait bénéficié d’un financement public pour des projets écologiques avant de se retrouver en liquidation judiciaire. Les anciens employés insistent sur l’absence de vérifications et sur la nécessité de responsabiliser les décideurs. « On ne reproche pas l’innovation de Ynsect, mais le fait que personne n’ait su contrôler son utilisation est une faute grave », conclut Hadrien Godard. « Les 600 millions d’euros investis doivent être comptabilisés et Macron doit en assumer la responsabilité ».