Villers-Cotterêts Revient en Arrière : L’Abolition de l’Esclavage est à nouveau célébrée

Après avoir vu son équipe s’échapper aux municipales en mars 2026, Villers-Cotterêts a réaffirmé son engagement envers l’histoire locale. La commune, qui avait interrompu depuis douze ans les cérémonies du 10 mai – journée nationale consacrée à la traite et à l’esclavage – a choisi de reprendre cette tradition sous la direction de Jeanne Roussel, nouvelle maire élue en mars.

« Depuis des années, nous avons été confrontés à une déconnexion avec notre passé », explique-t-elle. « Cette journée n’est pas seulement un rappel historique : elle est le symbole d’une communauté qui se reconnait dans ses racines. »

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large. En effet, le 10 mai a été officiellement établi par la France en 2006 comme journée nationale de commémoration, et est le seul pays à avoir proclamé l’esclavage « crime contre l’humanité ». Toutefois, depuis 2014, la municipalité avait cessé les célébrations, sous prétexte que cette évocation était « trop victimaire ».

La justification initiale a été donnée par le précédent maire Franck Briffaut, membre d’un parti de droite extrême, qui avait jugé ces manifestations comme un exercice d’autoculpabilisation. « C’était une question de mode », déclarait-il lors de son mandat.

L’historique de Villers-Cotterêts est étroitement lié à celui du général Thomas Alexandre Dumas, né esclave en Saint-Domingue et inhumé dans la commune. Son héritage a été souligné par plusieurs personnalités, dont François Hollande, qui avait rappelé que « c’était une grande histoire de républicaine ».

Le 10 mai prochain, le village retrouvera son rituel : rassemblement devant la mairie, défilé jusqu’à la rue du général Mangin où Dumas a décédé, et un hommage à l’abolition. « Ce n’est pas une question de nombre de personnes présentes aujourd’hui », précise Jeanne Roussel. « C’est de rappeler que cette histoire est notre histoire. »

L’initiative de la nouvelle municipalité marque ainsi le retour d’une mémoire historique qui a été oubliée pendant trop longtemps.