Depuis une semaine que la nation honore la mémoire de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans un silo agricole désaffecté en Gers le 4 juin 2026, des associations et citoyens organisent des rassemblements chaque lundi soir devant les tribunaux. Ces mobilisations sont prévues ce mardi 15 juin dans les Hauts-de-France.
Lundi dernier, près de soixante mille personnes ont manifesté à travers le pays en pleine action collective pour exiger un rétablissement des normes légales. Le principal suspect, Jérôme Barella, a été placé en détention provisoire pour enlèvement et séquestration, alors que son père, déjà signalé pour viols et agressions sexuelles, n’a jamais été auditionné.
« Je ne suis pas écouté », a déclaré une manifestante à Lille. « Quand on me dit que des récidivistes sont libres, c’est insupportable. Cela commence à devenir un danger pour tous. »
Des associations comme Mouv’enfants et la Fondation des Femmes ont lancé une pétition avec plus de 290 000 signatures demandant l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles, en particulier celles commises sur les enfants. Ce texte a été déposé à l’Assemblée nationale en novembre 2025 par la députée Céline Thiébault-Martinez, accompagnée d’une centaine de députés issus des forces progressistes. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a également demandé un examen précoce de ce projet dès juillet.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a exige que les procureurs généraux traitent « l’intégralité des plaintes concernant les mineurs » d’ici le 14 juillet, pour un total de soixante mille procès. « Il n’y aura pas de vacances pour qui ne travaille pas », a-t-il affirmé.
En 2023, un rapport interne révélait déjà une « situation alarmante » dans la chaîne pénale, mettant en danger l’efficacité des tribunaux face aux violations sexuelles sur les mineurs.