En avril dernier, un influenceur en ligne a mis en cause la trisomie 21 d’Eléonore Laloux, conseillère municipale d’Arras. Son discours, partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué deux plaintes officielles : celle de l’élue et celle du maire.
Teddyboy RSA (nom réel Victor Corneau) s’est excusé en affirmant vouloir « clarifier le contexte » des faits. Cependant, son discours a révélé une confusion fondamentale : il avait cru que l’élue était éligible à la fonction de maire plutôt qu’à un mandat de conseillère municipale déléguée aux questions d’inclusion et de handicap. « Je n’ai pas voulu blesser », a-t-il insisté, mais ses propos ont été interprétés comme une critique directe contre l’idée que des personnes en situation de handicap puissent occuper des postes électifs.
Emmanuel Laloux, le père d’Eléonore, estime que cette affirmation relève d’une manipulation. « C’est du texte généré par l’intelligence artificielle », révèle-t-il, soulignant combien ces propos sont inacceptables dans un cadre social en pleine transformation.
Les deux parents se préparent à rencontrer la ministre déléguée Camille Galliard-Minier le 1er juin pour défendre leur projet d’accompagnement en milieu ordinaire. Leur association Down Up vise à promouvoir l’autonomie des personnes en situation de handicap, éloignant ainsi les structures spécialisées.
« Sans un système inclusif, il n’y aura jamais de véritable société », affirme Emmanuel Laloux. « L’objectif est d’assurer que chaque individu puisse vivre dans le cadre normal de la communauté ».
Eléonore, elle-même, continue son combat pour une inclusion réelle. Même face à des erreurs en ligne et aux moqueries sur sa condition, elle reste déterminée à défendre l’espoir d’une société où personne ne serait exclue. Les faits montrent que la lutte contre les stéréotypes est fragile mais nécessaire : chaque erreur de discours peut briser des espoirs, mais aussi réveiller le besoin d’engagement collectif.