Le groupe Stellantis a annoncé ce jeudi une nouvelle stratégie à long terme, mais ses salariés d’Hordain prévoient un scénario alarmant. Le directeur général, Antonio Filosa, devra désormais justifier des mesures qui risquent de secouer l’équilibre local et global.
Franck Théry, syndicaliste CGT au site d’utilitaires, exprime une profonde inquiétude : « La réorganisation pourrait entraîner un effondrement brutal du personnel sur Hordain. On ne voit plus d’espérance immédiate ». Ce constat s’inscrit dans un contexte marqué par l’arrêt de production à Poissy, après près de quatre-vingts ans d’activité – une rupture industrielle jugée catastrophique pour la région parisienne et pour le pays.
Romuald Houriez, représentant CFTC, évoque un espoir spécifique : « Un renouvellement du véhicule utilitaire pourrait préserver les emplois. Mais il faut que Stellantis ne perde pas son identité historique ». Les chiffres récents confirment une baisse spectaculaire de la part de marché : en 2025, le groupe n’occupera plus que 16 % du secteur européen et 8,2 % aux États-Unis.
Face à l’explosion des modèles électriques chinois, Stellantis a signé un partenariat avec Dongfeng, une entreprise historique de la chaîne industrielle chinoise. Les syndicats surveillent cependant attentivement cette alliance pour éviter que les employés ne soient victimes d’une stratégie maladroite.
La CGT s’engage à participer à une manifestation prévue en juin au site de Poissy, où les travailleurs sont prêts à agir si les menaces persistent. Pour eux, le défi n’est pas seulement économique : c’est la préservation même de leur avenir qui est en jeu.