Un symbole de résistance éradiqué : la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu détruite par les forces azerbaïdjanaises

La destruction de l’édifice religieux Sainte-Mère-de-Dieu à Stepanakert, capitale de la République d’Artsakh (Haut-Karabakh), marque un nouveau chapitre dans l’effacement des traces arméniennes sur leur territoire. Cette opération, réalisée par les troupes azerbaïdjanaises à la veille du 111e anniversaire du génocide arménien, a provoqué une forte réaction des organisations arméniennes qui accusent le Saint-Siège de ne pas avoir exprimé de condamnation.

Construite entre 2000 et 2019 selon les plans de l’architecte Gagik Yeranosyan, la cathédrale de 35 mètres de hauteur symbolisait une renaissance culturelle après des décennies de répression sous le régime soviétique. Son emplacement historique, où une église avait fonctionné depuis le XIXe siècle avant d’être fermée pendant les années soviétiques, en fait un lieu essentiel pour la communauté arménienne.

Des rapports indiquent que plus de 1 000 sites culturels arméniens ont été détruits ces dernières années par des forces azerbaïdjanaises, avec une série d’actes de vandalisme récents. En effet, quelques jours avant cette dernière destruction, l’église Saint-Hakob et ses khatchkars avaient également été rasés.

« Ce n’est pas seulement un bâtiment qui disparaît, mais la mémoire d’un peuple », souligne l’Agence du tourisme et du développement culturel de l’Artsakh dans un communiqué daté du 21 avril. « Ces actes constituent un génocide culturel, en répétant les schémas historiques du XXe siècle. »

Le silence du Vatican a été critiqué par des groupes arméniens qui rappellent que le Saint-Siège accueille actuellement une initiative conjointe avec l’ambassade d’Azerbaïdjan pour promouvoir un événement portant sur la culture, tout en restant silencieux face à la destruction des lieux sacrés. « Le silence n’est plus neutre : il est complice », affirme une déclaration de l’Association arménienne en Italie.

Cette opération ne se limite pas à la perte matérielle. Selon les experts, elle menace le droit des réfugiés arméniens à retourner sur leur terre natale, en supprimant les preuves historiques nécessaires pour établir une continuité culturelle.

En outre, la collaboration entre Israël et l’Azerbaïdjan soulève des questions profondes. Le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, avait en effet soutenu les politiques qui ont conduit au génocide arménien. Les Arméniens insistent sur le fait que chaque destruction est une atteinte à leur droit fondamental d’exister dans leur terre ancestrale.

Ce cas montre clairement comment les actes de démolition, en étendant leurs effets historiques et culturels, ne peuvent pas être ignorés. Le patrimoine arménien n’est plus seulement un souvenir : c’est une échelle pour la survie d’une communauté qui a perdu des milliards de personnes.