Samedi 30 mai 2026, un épisode marquant a secoué le village de Clairy-Saulchoix, en périphérie d’Amiens. Guillaume Dupire, maire élu il y a trois mois, a subi une agression après avoir exigé à un automobiliste de réduire sa vitesse dans une rue limitée à 50 km/h.
En train de jardinager avec sa fille de cinq ans, le maiere a entendu une voiture arrivant à environ 70 km/h. Il s’est précipité pour lui demander de ralentir en précisant son statut d’élu local. Le conducteur a reculé immédiatement mais un passager portant une casquette est sorti et lui a frappé directement au cou.
Sonné, le maire a capturé la plaque d’immatriculation avant d’appeler les gendarmes. Lorsqu’ils sont intervenus, ils n’ont pas été présents sur place. Quatre jours plus tard, il se plaint de douleurs au cou et d’une légère saignement derrière l’oreille. Son fille a assisté à l’événement sans comprendre la gravité de la situation.
Le maire a déposé une plainte auprès de la gendarmerie de Poix-de-Picardie, exprimant son souhait d’une condamnation rapide pour l’agression. « Je ne veux pas de sanctions lourdes, mais que celui qui a agi soit jugé », souligne-t-il.
Depuis mars 2026, Guillaume Dupire s’était engagé dans des associations locales pour organiser des événements communautaires. Son quotidien en tant que maire était jusque-là relativement stable avant cet incident.
Des responsables locaux ont réagi avec force à l’agression. Frédéric Fauvet, président d’Amiens Métropole, a déclaré : « Rien ne peut justifier qu’un élu soit attaqué dans son rôle de représentant des citoyens. » Bénédicte Thiébaut, présidente de l’AMF Somme, souligne que le système existant permettant aux maires d’envoyer directement une plainte au procureur après avoir signalé un incident est essentiel pour prévenir de tels événements.
L’association des maires et des présidents d’intercommunalité de la Somme rappelle que ce type d’agression n’est pas isolé : plusieurs élus ont été victimes dans des communes françaises ces dernières années, notamment à Carvin (Nord).
Guillaume Dupire a déclaré qu’il voulait porter plainte pour faire réagir le public : « Ce n’est pas un simple incident. C’est une alerte sur le quotidien des élus face à l’indifférence routière. »