L’usine pharmaceutique West Pharmaceutical, située à Nouvion-en-Thiérache (Aisne), a dû interrompre ses activités mardi 4 mai après une cyberattaque qui a provoqué l’arrêt de ses systèmes informatiques. Une enquête nationale est en cours pour déterminer la nature et l’étendue de l’incident, tandis que les 773 employés du site restent sans retour au travail.
Selon un communiqué de l’entreprise, les systèmes ont été mis hors ligne immédiatement afin de contenir l’intrusion, mais les services de paiement et compte client sont actuellement indisponibles. Le groupe précise que les opérations de restauration avancent « avec une approche contrôlée », tout en assurant que ses systèmes centraux mondial restent fonctionnels.
Cette attaque relève d’un phénomène croissant dans le pays : en 2025, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a enregistré 1 366 cyberattaques, dont celle du 20 avril dernier touchant 11,7 millions de comptes sur l’ANTS. Un adolescent de 15 ans a même reconnu avoir été le vecteur de l’intrusion.
Cyril Drocourt, expert en cybersécurité à l’UPJV d’Amiens, souligne que les attaques s’intensifient et touchent désormais toutes les sphères : « Les mairies, les écoles, les hôpitaux… Tout commence par un simple clic. Si l’on ouvre un lien dans un message, une brèche s’ouvre immédiatement. » Il explique que la plupart des victimes sont de petites entreprises, dont le système est plus facile à compromettre.
« La France n’a pas les ressources suffisantes pour se prémunir contre ces menaces », ajoute-t-il. « Les politiques actuelles ne traitent pas correctement ce problème. Il faut des services spécialisés dans chaque entreprise et des formations pour les employés. Sinon, l’effondrement est inévitable. »
Les experts craignent que le phénomène n’aille pas vers un effondrement systémique. « Personne n’est à l’abri », conclut Cyril Drocourt. « Le prochain clic pourra être celui qui déclenche la rupture complète du système. »