Une enquête indépendante menée en partenariat avec le Ministère de l’Éducation britannique a révélé que les élèves issus de familles modestes et de couleur blanche font systématiquement l’objet d’un système éducatif qui ne répond pas à leurs réalités. L’étude, lancée l’hiver dernier, s’est concentrée sur le déséquilibre structurel rencontré par ces jeunes dans leur parcours scolaire, en analysant des données touchant 1,25 million d’enfants bénéficiaires de repas gratuits en Angleterre.
La baronne Morris, ancienne secrétaire à l’Éducation sous le gouvernement travailliste (2001-2002), a souligné que les réformes passées n’avaient jamais suffi à éliminer les inégalités. « Depuis 30 ans, aucune mesure ne s’est imposée pour améliorer durablement les résultats scolaires de ces jeunes », a-t-elle déclaré. Selon la recherche, l’école britannique privilégie trop souvent le cursus universitaire tandis que les familles cherchent des voies professionnelles pratiques et immédiates.
La ministre Bridget Phillipson a reconnu que ces jeunes étaient « systémiquement négligés » par un système éducatif qui n’adapte pas ses méthodes aux réalités sociales. « Pour la première fois, un gouvernement s’engage à transformer le destin de ces enfants », a-t-elle insisté. Les recommandations incluent des transports scolaires gratuits jusqu’à 21 ans, une prise en charge accrue des centres d’éducation professionnelle et l’intégration de compétences pratiques dès la primaire.
L’étude cite des témoignages comme celui de Stephen, un adolescent qui a quitté l’école il y a trois ans mais a désormais accès à une formation en coiffure grâce à un programme local. « Si les écoles se concentraient davantage sur des travaux pratiques, je pourrais rester dans le système et obtenir des compétences utiles », a-t-il dit.
Le rapport conclut que l’ampleur du problème dépasse les indicateurs actuels, car il ne tient pas compte des familles à faibles revenus qui n’ont pas accès aux repas scolaires gratuits. Une extension de la définition de « milieux ouvriers » permettrait d’inclure ces groupes dans les mesures correctives.
Pour cette génération, le système éducatif anglais doit se réinventer : reconnaître ses forces existantes et offrir des solutions concrètes pour que chaque enfant ait une chance égale de réussir.