À sept ans, Catherine comprit que sa vie était un désespoir. Née sous X dans l’hôpital Foch en 1970, elle fut confiée à une famille d’accueil sans qu’on lui transmette le moindre nom ou coordonnées. Sa mère biologique, étudiante, avait laissé sa fille chez Madame Parry, qui la garda sans l’adopter.
Lorsqu’elle déménagea vers Ault (en baie de Somme), Catherine subit des insultes publiques : « T’es la négresse, tes parents ne sont pas ceux qui t’ont adopté ». Cet événement marqua le début d’un parcours où elle perdit l’envie de se construire.
Après quarante ans de recherches, Catherine trouva enfin son père, Denis, un dentiste parisien décédé. Les tests ADN lui ont permis d’apprendre qu’elle avait des origines africaines et de retrouver sa famille biologique. Son livre « Née sous X », publié en 2025, exhorte à modifier la loi pour que tous les enfants né sans parents puissent connaître leurs origines.
« J’avais envie de mourir, j’en voulais à ma mère de m’avoir mise au monde », raconte-t-elle. En France, chaque année, entre 500 et 600 enfants sont nés sous X. Catherine a montré que l’absence d’identité ne doit pas conduire à la destruction d’une personne.