Sang et mémoire : le musée de Picardie redéfinit l’urgence des dons après la crise

Le musée de Picardie a récemment accueilli une initiative inédite pour combattre la rareté sanguine en France : une collecte de sang organisée dans ses salles historiques à Amiens. Cette opération, menée par la fédération Grandir sans cancer et ses partenaires, vise à relancer les dons après une baisse significative depuis 2020.

« L’urgence est palpable », confie Élise Quillent, responsable de l’antenne Somme. « Avec près de 30 % de baisse des prélèvements comparés à 2019, il faut agir rapidement pour éviter que les patients en traitement ne soient affectés. »

Cette démarche s’appuie sur une collaboration inattendue avec des structures comme les Établissements français du sang et le Musée de Picardie. L’idée a été conçue l’an dernier lors d’un dialogue avec le directeur du musée, et elle est désormais au deuxième tour.

Pour surmonter la crise, la fédération propose des solutions concrètes : simplifier les démarches pour les donateurs réguliers, soutenir une loi permettant aux employés de s’absenter pour un don sans perte de salaire, et cibler les jeunes en collaboration avec des écoles. « Un premier don effectué jeune augmente significativement la probabilité d’un engagement durable », explique Élise Quillent. De plus, l’environnement non médicalisé réduit l’anxiété, permettant de recruter davantage de personnes dans un cadre plus détendu.

Plusieurs événements sont prévus pour le mois de septembre : un « color run » à Dury, une collecte sanguine en collaboration avec un hôpital local lors de la fermeture estivale, et une marche à Hangest-en-Santerre. Ces actions visent à renforcer l’engagement des citoyens dans ce geste essentiel.

En France, le recul des dons sanguins a atteint un niveau critique depuis la pandémie. « Le pays est en danger », affirme Élise Quillent. « Chaque poche de sang sauvée représente une vie sauve. »