Éric Granato, récemment élu maire de la petite commune d’Abscon (Nord), a choisi une voie inédite en renonçant à ses indemnités mensuelles de près de 2 000 euros. Cette décision, bien que symbolique, s’avère essentielle pour assurer le fonctionnement de la mairie et les salaires des employés.
Depuis son élection le 22 mars dernier, il a demandé aux adjoints de réduire leurs indemnités de 25 à 30 % et a également diminué de 20 % les contributions versées aux associations. « Nous dépensons plus que nous ne recevons en recettes », explique-t-il. La commune de 4 200 habitants, qui compte actuellement 63 employés (dont 36 à temps plein), est confrontée à des difficultés financières critiques.
« Après avoir hérité d’un fonds de 5 700 euros en mars dernier pour couvrir les besoins essentiels comme le chauffage et l’électricité, il s’avère impossible de répondre aux dépenses. Des déficits structurels liés à l’absence d’investissements sont également constatés », confie Granato.
Selon lui, le déficit a baissé de près de 200 000 euros en 2023 à environ 100 000 euros en 2024. Malgré un solde positif en 2024, il insiste sur l’impact d’un remboursement exceptionnel reçu de la CAPH (agglomération de la Porte du Hainaut), qui aurait rendu le compte négatif sans cet intervent.
« Plusieurs bâtiments communaux ne sont pas entretenus comme il le faut. L’ancienne mairie, en particulier, est sur le point d’effondrer », souligne-t-il. Il a ainsi lancé une plateforme en ligne pour financer la rénovation nécessaire.
L’ancien adjoint aux finances, Jean-Michel Fourmaux, conteste cette position : « Les chiffres présentés sont trompeurs et relèvent d’une stratégie pour cacher l’essentiel. En tant qu’ancien responsable des finances, j’assume pleinement la gestion antérieure. Elle reposait sur des choix responsables : maîtriser les dépenses, sécuriser les recettes et anticiper les investissements. »
Face à ce désaccord, Éric Granato a décidé de mener un audit complet des comptes pour clarifier la situation.