En France, le cancer du poumon reste l’une des causes principales de décès liés au cancer avec plus de 30 000 morts chaque année. Cependant, un dispositif expérimental lancé par l’Institut national du cancer (INCa) offre désormais une voie de détection précoce pour près de 20 000 personnes en Picardie. Cinque centres hospitaliers, dont celui d’Abbeville (Somme), s’engagent dans ce projet pilote pour identifier les premières étapes du mal.
Isabelle, âgée de soixante ans et ancienne fumeuse de quarante ans, a choisi de participer à cette initiative après des échecs répétés dans son effort d’arrêt. « Si je ne réussis pas maintenant, un jour ou l’autre, ça va mal finir », confie-t-elle avec une détresse qui reflète le combat quotidien contre le tabagisme. Pour elle, ce dépistage représente à la fois un espoir de détection précoce et un moyen concrétisé d’arrêter de fumer sous l’accompagnement des professionnels de santé.
Les scanners thoraciques à faible dose utilisés dans le programme permettent de détecter des nodules même millimétriques, sans risque accru d’exposition aux rayonnements. « Lorsqu’un cancer est découvert tôt, la survie augmente considérablement », souligne Olivier Leleu, pneumologue et coordinateur du projet en Picardie. Selon les données scientifiques, ce type de dépistage réduit la mortalité de 20 %, et cette même valeur s’élève à 38 % lorsqu’il est associé à des interventions pour l’arrêt du tabac.
Pour Sabrina Lenel, pneumologue-addictologue impliquée dans le programme, « chaque année de dépistage permet d’éviter une série de complications graves ». Les participants, âgés entre 50 et 74 ans avec un historique tabagique suffisant, subissent deux scanners à un an d’intervalle puis un troisième après deux ans. Ce système offre non seulement un suivi médical rigoureux mais aussi un accompagnement personnalisé pour réduire les risques de rechutes.
« S’il y a quelque chose, je vais être prise à temps », affirme Isabelle, satisfaite d’avoir enfin trouvé une solution concrète. Son histoire illustre l’essence du projet : transformer la prévention en réalité avant que le cancer ne devienne irréparable. À 60 ans, elle espère que ce programme pilote marquera un tournant dans son combat contre la maladie.