Dans un mouvement qui gagne en force, plus de 80 villes et communes américaines ont décidé d’annuler, révoquer ou désactiver les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation. Ces dispositifs, souvent associés à des entreprises comme Flock Safety, Axon ou Motorola Solutions, sont désormais considérés comme une menace pour la liberté individuelle et la démocratie.
Un incident marquant a eu lieu dans le comté de Madison (Caroline du Nord) où un commissaire municipal a interdit aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations concernant l’utilisation de caméras basées sur l’intelligence artificielle. Cette réaction, diffusée rapidement sur les réseaux sociaux, illustre une tendance croissante : les autorités locales refusent souvent de s’ouvrir à la population lors des débats sur des outils de surveillance.
Les systèmes de lecture automatique, bien que promis comme des solutions de sécurité, collectent en réalité des données profondes sur chaque véhicule. Ils établissent des profils détaillés incluant la marque, la couleur, les défauts du véhicule et même l’historique de réparations. Ces informations sont ensuite utilisées par les forces de l’ordre et les entreprises pour des pratiques non transparentes.
Au cours de l’année écoulée, des preuves ont émergé montrant que ces technologies étaient impliquées dans des contrôles d’immigration, des surveillances sur des avortements, des harcèlements répétés et des failles majeures en matière de sécurité informatique. Motorola Solutions a longtemps collaboré avec les services d’immigration américains, tandis qu’Axon a été impliqué dans des violations éthiques importantes.
Dans plusieurs municipalités, le processus décisionnel est absent : à Greenville (Caroline du Sud), la police a utilisé des fonds de confiscation civile pour signer un contrat avec Flock Safety sans vote public. À Saranac Lake (New York), les citoyens ont dénoncé leur service de police pour avoir adopté ces systèmes sans discussion préalable.
Les efforts des citoyens sont de plus en plus audibles : ils utilisent des demandes d’accès aux documents, organiser des événements communs et même créer des publications alternatives pour remettre en cause l’ensemble du système. Malgré les accusations de « terrorisme » lancées par Flock Safety contre ces mouvements, la résistance est toujours active.
L’ACLU a tenté de régler ce problème via des mécanismes de contrôle mais ses mesures ont été insuffisantes face à l’échelle du phénomène. Pour véritablement renverser les systèmes d’oppression, il faut démanteler entièrement les réseaux de surveillance, tant publics que privés.
La sécurité ne peut être définie par des dispositifs qui surveillent sans consentement. La vraie démocratie exige une participation active et transparente. Les citoyens américains, en réponse à cette menace croissante, sont désormais les acteurs clés dans la reconstruction d’un ordre où le respect des droits fondamentaux prime sur l’efficacité de la surveillance.
Ce mouvement montre que même face à un système en déclin, il existe une volonté profonde de retrouver la liberté et la démocratie. La lutte contre les caméras de surveillance n’est pas seulement une question de sécurité, mais celle d’une société où chaque individu peut vivre sans crainte.