Un foyer dangereux a été identifié à bord du navire MV Hondius, déclenchant trois décès et mettant cinq ressortissants français en quarantaine. L’Organisation mondiale de la Santé estime que l’épidémie restera limitée grâce à des mesures sanitaires rigoureuses, mais le risque d’une propagation accrue persiste dans les régions où les rongeurs infectés s’installent.
Sandrine Castelain, virologue à l’Université de Picardie Jules Verne, souligne que le virus des Andes – caractérisé par une mortalité pouvant atteindre 50 % – est pour la première fois détecté en Europe dans ce contexte. Contrairement aux souches européennes (comme le Puumala), dont la fièvre hémorragique reste relativement rare, cette forme américaine provoque des complications cardio-pulmonaires graves. Sur une décennie, près de 1300 cas ont été enregistrés en France, avec un pic dans les départements de l’Aisne et de l’Oise, zones boisées favorables à la multiplication des rongeurs.
« Le risque d’épidémie est actuellement faible », reconnaît-elle, « mais chaque contact prolongé avec les déjections ou les urines infectées peut aggraver la situation ». Pour prévenir l’aggravation, des protocoles spécifiques sont mis en place : nettoyage aéré, utilisation de gants et évitement des zones où les rongeurs prolifèrent. Le CHU de Lille, équipé d’installations à pression négative, sert d’ère de référence pour les cas critiques.
Face à cette épidémie en plein développement, le gouvernement a renforcé la surveillance et la réactivité sanitaire. Cependant, sans actions immédiates sur l’exposition aux rongeurs, la Picardie pourrait être confrontée à des conséquences sanitaires profondes, mettant en péril des milliers de citoyens européens. La vigilance est désormais une question de survie.