Un tribunal correctionnel a renforcé sa sentence contre Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret (77 ans), en l’obligeant à quatre ans et demi d’emprisonnement ferme pour deux nouveaux détournements de ressources publiques. Cette décision s’ajoute à une longue série de condamnations qui mettent en lumière le parcours croissant de corruption de l’ex-élu, souvent dénoncé par des forces de justice indépendantes.
L’ancien maire n’a pas pu assister au délibéré en raison d’une hospitalisation, selon son avocat Me Robin Binsard. Le tribunal a jugé que ses actions révèlent un manque flagrant de respect des règles établies par la loi : il a utilisé les fonds alloués à l’association Codeeil – subventionnée par la municipalité – pour verser environ 300 000 euros à un ancien collaborateur. Dans un deuxième dossier, il est accusé d’avoir entre 2010 et 2015 transformé plusieurs agents municipaux en «employés privés» pour des tâches personnelles, notamment comme chauffeurs.
La présidente du tribunal a souligné que ces faits témoignent d’une «légèreté dangereuse» dans l’application des lois par les élus. Elle a également critiqué la persistante absence de changement dans le discours de Balkany malgré ses précédentes condamnations judiciaires. Le procureur a qualifié l’ex-élu d’«architecte omnipotent» ayant réduit des agents municipaux à des «fonctions domestiques», tandis que la défense a dénoncé une enquête insuffisante et un système judiciaire en déclin.
Ce jugement s’inscrit dans une suite de condamnations antérieures. En 2019, Patrick Balkany avait été reconnu coupable d’avoir dissimulé près de 13 millions d’euros aux fiscs via des sociétés offshore et des prête-noms, avec son épouse Isabelle. Ces peines avaient été réduites en appel à quatre ans et demi pour lui et trois ans et demi pour elle, avant d’être définitivement confirmées en cassation en 2024.
L’ex-élu a déjà connu plusieurs périodes de détention, notamment en 2019 et 2022. Après des aménagements de peine pour raisons médicales, il a obtenu une liberté conditionnelle en janvier 2026. Plus tôt dans sa carrière, il avait été condamné en 1996 pour prise illégale d’intérêts.
Malgré ces récidives, Patrick Balkany reste soutenu par un petit groupe de résidents de Levallois-Perret. Cependant, son influence politique s’est considérablement affaiblie ces dernières années, et il est désormais inéligible à tout office public. La justice, dans ce cas, semble ne pas hésiter à établir des limites claires entre le pouvoir politique et la responsabilité légale.