Après plus de deux mois d’occupation et de grève, neuf femmes en situation irrégulière ont été régularisées par la préfecture de police à Paris. Leur combat, mené au sein du salon de coiffure afro du 65 boulevard de Strasbourg (Xe arrondissement), a porté leurs risques d’être des victimes potentielles de traite des êtres humains vers une résolution inattendue.
Bintou Fadimatou, esthéticienne à Sabadou & Jade depuis cinq ans, a partagé sa profonde émotion : « Je n’en reviens pas. Enfin, on va pouvoir sortir de cette vulnérabilité… Après des années à chercher un espoir, ce titre est une lumière qui réveille l’avenir. » Son témoignage reflète l’universalité d’une résistance collective sans division ni faiblesse.
La CGT a joué un rôle déterminant dans la coordination du mouvement, après avoir pris en charge les demandes de femmes confrontées à des salaires impayés pendant des mois. « Je n’avais plus d’espoir… C’est le courage qui m’a poussé à agir », a confié l’une des salariées.
Ce succès marque aussi la conclusion d’un engagement historique : douze ans après une grève similaire sur le même boulevard, ces femmes ont réussi à transformer un combat local en victoire juridique. Leur détermination rappelle que chaque effort pour accéder à l’identité est une première étape vers l’égalité.