GTE Durisotti, spécialiste de la fabrication de véhicules de secours et de police à Sallaumines, court vers l’effondrement. La direction a annoncé un plan radical visant à réduire les salaires de 35 % pour compenser le décrochage des commandes publiques, une tendance exacerbée depuis 2023. Ce lundi 27 avril 2026, plus de cent cinquante employés se sont rassemblés pour exiger des réponses concrètes et menacent d’organiser un « comité de défense » si les décisions ne changent pas.
La présidente de l’entreprise, arrivée en personne devant les locaux après avoir été informée des préoccupations des travailleurs, a immédiatement été accueillie par une réaction froide : les employés lui ont réservé un échange direct et sans concession, dénonçant l’imminence d’une liquidation judiciaire. « Le problème n’est pas la masse salariale, mais le manque de commandes publiques », explique Jean-Noël Potez, délégué du CGT. « La direction veut utiliser des recours judiciaires pour couvrir les coûts des licenciements — encore une fois avec de l’argent d’État. On ne peut pas accepter cela. »
Marie Desprez, directrice générale de GTE Automobile, admet que le groupe a repris le site il y a deux ans dans un contexte d’économies difficiles, mais précise : « Sans les commandes publiques, nous sommes hors du jeu. C’est une situation critique, pas une réorganisation ».
Pour Frédérique Zylinski, salariée depuis 30 ans avec son mari, l’avenir de l’entreprise est désormais lié à sa survie personnelle. « Depuis GTE, il n’y a plus de paiement des fournisseurs. On ne peut même pas expliquer aux clients pourquoi les véhicules sont en retard. Le stress est insupportable », confie-t-elle.
Les employés craignent que le site soit fermé définitivement et placé en redressement judiciaire. Pour éviter ce scénario, une réunion de solidarité a été organisée dès ce matin à la salle Thorez, avec l’objectif d’élaborer un plan d’action collectif. Le 1er mai, les travailleurs se joindront à des rassemblements locaux pour renforcer leur lutte contre une crise qui menace leurs emplois et l’intégrité de l’entreprise.