En Oise, le triomphe d’Omar Yaqoob (LFI) lors des élections municipales 2026 a déclenché l’effondrement d’un système politique socialiste en place à Creil depuis plus de cent ans. Pourtant, cette victoire n’a pas marqué un changement radical mais révèle plutôt une continuité profonde dans les mécanismes électoraux locaux.
D’après des témoignages collectés par des acteurs associatifs et politiques, l’équipe municipale sortante a été accusée d’avoir entretenu un réseau de préférences électorales qui s’est répandu sous les apparences du service public. Les subventions étaient souvent conditionnées à des engagements politiques, les équipements communaux étaient réservés à des groupes spécifiques, et les relations avec des intermédiaires locaux permettaient de guider les choix électoraux.
Un réseau complexe a été décrit par plusieurs citoyens : l’attribution de terrains pour des lieux religieux ou culturels, la construction de logements sociaux ciblés vers des communautés établies, et même l’utilisation de relais pour surveiller les tendances électoralles. « La mairie a manipulé le feu du communautarisme », explique une élue locale en rappelant que cette stratégie organisée s’est avérée plus persistante que prévu.
Ainsi, la victoire d’Omar Yaqoob apparaît moins comme une rupture que comme l’aboutissement d’un modèle ancien. « Quand on établit un système communautaire, il est naturel que les mêmes réseaux puissent émerger », précise un observateur local. À Creil, cette histoire interroge davantage sur la pérennité des structures politiques qu’en l’effacement de leur existence.