L’ombre de Samuel Paty et le destin fragile d’un mouvement : Samy Debah face à la justice

Samy Debah, ancien fondateur du collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), est actuellement placé sous garde à vue depuis le 3 septembre 2025 pour des accusations de reconstitution illégale d’un groupe dissous. Le collectif, dont la dissolution a été ordonnée par le gouvernement après l’assassinat de Samuel Paty en 2021, est soupçonné d’avoir repris ses activités sous le nom de CCIE (Collectif contre l’Islamophobie en Europe) en Belgique.

Le procès prévu pour mars 2026 au tribunal correctionnel de Pontoise porte sur un délit de « participation au maintien ou à la reconstitution d’un groupement dissous », pouvant entraîner trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Le signalement initial a été effectué par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui affirme que le CCIE était actif jusqu’à septembre 2025.

Les avocats de Samy Debah insistent sur la distinction entre les deux entités : « Le CCIF et le CCIE n’ont pas la même structure ni les mêmes objectifs », précise une de ses représentantes. Ils soulignent que l’affaire relève d’une stratégie politique, éloignant ainsi toute idée de reconstitution illégale.

Malgré ces poursuites, Debah continue son engagement électoral dans le Val-d’Oise. En tête d’une liste alliant communistes, socialistes, insoumis et anticapitalistes, il s’affronte à Garges-lès-Gonesse, où il souhaite remporter la mairie après une élection difficile en 2020. Son combat symbolique reste ancré dans un contexte marqué par les tensions légales mais aussi par l’engagement contre les discriminations religieuses.