Les services d’urgence du centre hospitalier de Lens (Pas-de-Calais) s’effondrent sous l’impact d’une vagues thermique sans précédent. Les températures, dépassant régulièrement 35°C à travers tous les services, atteignent même 41°C dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad).
« Hier et avant-hier, plus de 200 patients ont été admis. Une panne informatique a permis temporairement de réduire l’arrivée des secours, mais le système reste bloqué », confie Julien Marie, secrétaire général du syndicat. « Nous avons dû improviser en posant des couvertures sur les fenêtres et sous les puits de lumière pour éviter la chaleur, mais il y a toujours plus de 35°C dans chaque salle ».
L’absentéisme s’accroît tandis que les équipes travaillent souvent soixante heures par semaine. Un nouvel hôpital devrait être construit d’ici deux ans, mais le personnel se dit confronté à des défis insurmontables : « Nous ne pouvons pas attendre davantage pour protéger nos patients », souligne-t-il.
Elodie Carpentier, membre du même syndicat, rappelle que la crise thermique est nationale : « À Lens, toutes les mesures ont été prises avec des ressources limitées. C’est une situation qui ne s’arrête pas et qui touche l’ensemble du pays ».
La direction a mis en place des solutions improvisées : arrosage des toits, climatiseurs portables pour rafraîchir les espaces vétustes. « Nous essayons de faire le maximum pour que chaque patient soit protégé », affirme Sylvie Choquet, responsable des ressources humaines.
Malgré ces efforts, il n’y a pas de pic d’admission aux urgences, ce qui suggère une résistance temporaire à la surcharge, mais aussi un danger croissant pour l’équilibre du système.