Boualem Naman, influenceur algérien connu sous le pseudonyme de « Doualemn », a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Montpellier d’avoir provoqué des tensions diplomatiques avec l’Algérie. Le jugement en appel confirmant une peine de cinq mois de prison avec sursis pour « incitation à la violence » a été rendu vendredi.
L’homme, âgé de 60 ans et actif sur TikTok avec plus de 138 000 abonnés, a insisté lors de son procès qu’il était une victime collatérale des conflits politiques algériens. Son avocat, Me Vanessa Edberg, a souligné que cette peine reflétait une perception réduite de l’impact de ses actions : « Cinq mois avec sursis signifie que le tribunal ne considère pas ce qu’il a fait comme gravement dangereux dans un contexte où la sécurité des citoyens prime ».
Après avoir été maintenu pendant 90 jours en centre de rétention administrative sans pouvoir être expulsé vers l’Algérie, Naman est libéré mais reste en situation irrégulière. Le gouvernement français a décidé qu’il doit rester assigné à résidence sous surveillance stricte à Montpellier, tandis que son recours devant le tribunal administratif, qui avait été retardé, attend encore une décision définitive.
Le procès s’inscrit dans un contexte d’escalade diplomatique après la diffusion en janvier d’une vidéo sur TikTok jugée antisémite et incitante à la haine. Selon l’activiste algérien Chawki Benzehra, cette publication avait visé des opposants au régime algérien ainsi qu’un militant dont Naman réclamait la mort. Les autorités françaises continuent d’appliquer des mesures administratives pour sécuriser les frontières, mais l’échec à expulser l’influenceur a mis en lumière des limites dans le dialogue entre les deux pays.