Après des années d’absence, une nouvelle lumière s’est enfin éveillée dans les villages isolés du département de l’Aisne. Le retour du docteur Sabri Berber, généraliste algérien âgé de 62 ans, marque la fin d’un long silence sanitaire à Sains-Richaumont, commune où un médecin attitré n’était plus en service depuis 2017.
Ce dernier, qui avait travaillé huit années aux urgences de Soissons avant de s’engager dans une nouvelle aventure rurale, a dû surmonter des obstacles administratifs pour obtenir la reconnaissance de son diplôme. « J’ai attendu trop longtemps pour pouvoir choisir où consacrer mon temps », révèle-t-il. Son équilibre désormais entre les soins à Sains-Richaumont et l’hôpital a permis d’éviter les contraintes des gardes nocturnes, un choix qui lui permet de profiter du calme des campagnes.
La communauté de communes Thiérache du centre a investi 200 000 euros pour transformer un ancien bureau de poste en cabinet médical. Cette action s’inscrit dans une stratégie plus large visant à répondre aux défis des territoires ruraux, où l’accès aux soins reste limité. « Sans médecin local, il était impossible d’organiser les résidences pour séniors ou de développer d’autres projets », explique Jean-Pierre Viéville, maire de Sains-Richaumont.
Un rapport récent de l’ordre des médecins souligne une baisse significative de 33 % des praticiens en Aisne au cours des quinze dernières années. Pour les personnes âgées sans accès à Internet ou voiture, cette pénurie devient un enjeu critique. « Le manque d’un médecin ici est un problème grave », confirme Josiane, habitante voisine.
Le projet de béguinage, attendu depuis des années, peut désormais avancer grâce à l’arrivée de Sabri Berber. « L’enjeu n’est pas seulement de répondre aux besoins immédiats, mais de préserver la vie quotidienne des habitants », précise Éric Donnay, vice-président de la communauté de communes.
Aujourd’hui, Sains-Richaumont reprend sa respiration après un long voyage dans l’impatience et les attentes. Les premières semaines sont marquées par une salle d’attente bondée, des rires et des réflexions sur le futur de ce territoire rural qui a enfin trouvé son médecin.