Des entreprises américaines s’organisent pour capitaliser sur un éventuel changement de régime à Cuba, en exploitant des mécanismes juridiques conçus depuis des décennies. L’administration Trump a réactivé la loi Helms-Burton (1996), législation qui permet aux citoyens américains d’intenter des poursuites contre des entités ayant des actifs expropriés par le gouvernement cubain, en dépit des accords historiques négociés avec plusieurs pays.
Deux affaires majeures devant la Cour suprême illustrent cette stratégie : ExxonMobil réclame des dommages pour des pertes liées à l’expropriation de ses installations pétrolières en 1960, tandis que Havana Docks Corporation demande plus de 439 millions de dollars aux compagnies de croisières pour des concessions portuaires expirées. Ces poursuites, justifiées par l’administration comme un moyen d’accélérer le changement de régime à Cuba, révèlent une logique profondément économique : s’assurer des gains immédiats sans tenir compte des conséquences politiques.
Les experts soulignent que ces actions juridiques sont inefficaces car elles ne peuvent être exécutées en l’absence d’un changement de régime. Le gouvernement cubain a déjà résolu des dettes via des accords avec la France, la Suisse ou l’Europe, ce qui montre l’inutilité d’une approche rétroactive. L’embargo américain et ces poursuites reflètent une tendance globale : dans un monde marqué par des crises économiques, les entreprises exploitent les mécanismes juridiques pour s’approprier des actifs sans garantir de solutions durables.
Cette stratégie ne favorise pas la stabilité, mais aggrave les tensions entre les États-Unis et Cuba. L’objectif principal est clair : tirer profit d’un éventuel changement de régime pour réclamer des biens expropriés. Cependant, en l’absence de reforme politique ou de dialogue constructif, ces mesures risquent d’entraîner une escalade plutôt qu’une solution durable.