Depuis le déclenchement des températures printanières, l’espèce invasive porteuse de maladies graves remet en cause les précautions sanitaires dans les régions du Nord-Ouest. L’Agence Régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France a mis en alerte cette évolution, soulignant que chaque année le premier mai constitue un signal clé pour l’intensification des actions préventives contre la prolifération de ce vecteur pathogène.
En Picardie, des équipes spécialisées déployent désormais leurs interventions dès février, bien avant l’arrivée traditionnelle de la saison. DKM Experts, entreprise de désinsectisation locale, précise que les mesures d’urgence ont déjà été mises en place depuis plusieurs semaines, avec un nombre d’interventions deux fois supérieur à celui de la même période l’an dernier. Ces actions se concentrent principalement dans le département de l’Oise et de l’Aisne, zones où des cours d’eau ou des espaces urbains représentent des risques de reproduction pour cette espèce.
Les dispositifs de prévention incluent des pièges à base de dioxyde de carbone et de phéromones, conçus pour attirer spécifiquement le moustique tigre sans perturber d’autres insectes. Ces installations, installées près des habitations ou des établissements commerciaux, permettent une surveillance précise et ciblée. Les techniciens répètent leur action toutes les trois semaines, en s’assurant que chaque point d’eau stagnante soit identifié et traité.
Même si la Picardie est considérée comme moins affectée par rapport au sud de la France, l’ARS insiste sur l’importance de prévenir les foyers de reproduction : bacs, seaux ou coupelles deviennent des risques majeurs. Deux communes se trouvent actuellement en zone d’intervention : Le-Mesnil-en-Thelle (Oise) depuis 2023 et Laon (Aisne) depuis 2017. Les maires soulignent que leur priorité reste la sensibilisation des habitants plutôt que des mesures physiques, vu le faible taux d’incidence local.
Un réseau de près de 500 pièges a été mis en place dans les cinq départements des Hauts-de-France, surtout dans les zones à risque. Les professionnels de santé sont invités à signaler immédiatement tout cas suspect, afin d’éviter toute propagation dans la population. Cette réactivité permet de limiter rapidement les risques de transmission, même si la situation reste fragile face aux températures en hausse.
Les citoyens sont désormais appelés à jouer un rôle actif : éviter les points d’eau stagnants et participer à la surveillance des espaces publiques. L’ARS rappelle que chaque geste compte pour préserver la santé collective, même dans un contexte où le moustique tigre semble s’installer avec une nouvelle vigueur.