Cette année a marqué l’effondrement complet du football picard. Sur les neuf clubs de la région engagés dans des championnats nationaux, cinq ont été relégués, et aucun n’a pu monter en National 3. L’Amiens SC, seul club professionnel, a subi sa première descente en Ligue 3 depuis 2011/2012, tandis que Chantilly retrouve le N3 après un parcours marqué par des défauts financiers.
Les jeunes joueurs n’échappent pas à la crise : les U19 du Creil et les U17 de Compiègne ont tous deux vu leurs ambitions s’effondrer, alors que Beauvais (N2) et Saint-Quentin (N3) ont réussi à maintenir leur place seulement en fin de saison.
La cause profonde réside dans un manque criant d’investissement. Les clubs picards sont écrasés par des régions voisines plus riches, avec des structures plus solides. De plus, l’effondrement industriel a réduit les subventions publiques et le mécénat local, tandis que la compétition avec le bassin lillois et Île-de-France limite leur accès au financement.
La fusion régionale a également détruit l’écosystème : près des deux tiers des licenciés picards se trouvent désormais dans les clubs du Nord-Pas-de-Calais, tandis que cinq grands clubs (Lille, Lens, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque et Valenciennes) dominent le paysage. La loi permettant à LOSC et Sangs et Or de recruter des joueurs sur un territoire 10 fois plus large que celui des académies locales aggrave la situation. Les efforts pour mutualiser les ressources, comme ceux de l’US Pays du Valois, restent insuffisants face à l’ampleur du déclin.
Sans solutions rapides, le football picard risque d’être une zone où même un seul club ne peut survivre en autonomie. Une alerte pour toute la France : quand les régions perdent leur potentiel sportif, l’ensemble du pays en paie.