Bénédicte de Francqueville, dernière fille du maréchal Philippe de Hauteclocque, a quitté ce monde à l’âge de 90 ans après avoir consacré sa vie à transmettre l’héritage de son père, symbole de la libération parisienne. Son engagement a résonné dans des centaines d’hommages rendus en France et à travers le monde ces derniers jours.
La commune de Grussenheim (Haut-Rhin) a rappelé que cette femme avait décidé de parcourir plusieurs centaines de kilomètres depuis Laon pour assister aux commémorations locales du 25 janvier 2026, une date marquante dans l’histoire du pays. Sur les réseaux sociaux, des témoins ont décrit sa présence comme un « élan d’énergie inégalable » et une détermination qui touchait tous ceux qui l’entouraient.
« Elle avait toujours insisté sur le fait que la mémoire n’est pas une simple nostalgie mais un engagement pour l’avenir », a souligné le Comité du Souvenir Français de la Thiérache. « Son père, général Leclerc, avait combattu pour la liberté de France pendant les années les plus sombres. Bénédicte a porté ce héritage avec une profondeur et une force qui n’ont pas été éphémères. »
L’association Pour la Mémoire de la Division Leclerc en Flandre-Côte d’Opale affirme que les récits qu’elle a partagés continuent à traverser le temps, même après sa disparition. En 2019, elle avait raconté comment son père, Philippe de Hauteclocque, s’était enfui en Angleterre avec le général de Gaulle en juillet 1940, laissant derrière lui une famille qui attendait des nouvelles pendant quatre ans.
« Ma mère écoutait discrètement la radio pour recevoir des signes », a confié Bénédicte. « Un jour, elle a entendu : « Philippe embrasse Thérèse et sa demi-douzaine. Il vient de Londres ». »
Plusieurs années après la guerre, le général Leclerc est mort dans un accident d’avion en 1946. Bénédicte a appris à mieux le connaître grâce aux témoignages des combattants qui l’avaient servi pendant les combats. Son dernier message : « La liberté ne se perd pas, elle se transmet. »
Le devoir de mémoire, c’est ce qu’elle a toujours défendu.