À 74 ans, Bernard Leman se retrouve face à une épreuve inédite. Depuis cinq années, l’association Maison Vélos Roubaisienne, basée dans le nord de la métropole, a permis aux personnes les plus vulnérables d’accéder à des vélos réparés ou loués à prix réduit. Mais une décision inattendue fixe un terme impératif : l’association doit quitter ses lieux le 3 avril 2026, menaçant son existence même.
Depuis 2021, cette collectivité a occupé gracieusement un ancien bâtiment en centre-ville appartenant à une entité spécialisée dans la récupération d’objets usagés. Un accord verbal avait permis de s’y installer, mais l’absence d’un contrat écrit a conduit à une nouvelle échéance. « On m’a dit : “on ne change rien” — ce qui signifiait qu’on était en phase », confie Bernard Leman. Le président actuel n’est pas seul à s’engager dans cette lutte : l’association a également organisé des ateliers de réparation, avec des bénévoles âgés et sans ressources financières.
La décision de la nouvelle direction de l’entité propriétaire repose sur un argument peu enviable : le local est qualifié d’insalubre. « On a nettoyé tout ce qui traînait, même les livres », explique Bernard Leman. Avec 400 m² d’armoires pleines de pièces d’occasion et des centaines de vélos à préserver, l’association compte jusqu’à la fin de l’année pour trouver un nouveau lieu.
« On n’a pas d’argent ni de partenariats municipaux », précise-t-il. Son dernier message à l’entité propriétaire ? « Ne laissez-nous pas disparaître sans dignité. »