Le département de l’Aisne s’est vu imposer un calendrier de vendange inédit : le millésime 2026 débutera ses récoltes dès le 14 août. Ce retard historique, dû à une estivale 2026 exceptionnellement chaude et sèche, force les viticulteurs à reconfigurer leurs opérations.
« C’est l’été des vacances, pas des vendanges ! », déclare Sylviane Couvent, gérante du domaine Couvent-Lémery. « En Aube, la récolte a déjà commencé le 10 août, alors que dans notre région, elle ne se déroulera qu’à partir du 14 août. C’est un mois d’avance par rapport aux années passées. »
Barbara Primault, responsable du domaine Lucien Berger, rappelle l’impact de la sécheresse : « Les raisins sont plus petits et moins lourds. La température élevée a concentré le sucre, mais cela risque aussi d’augmenter l’alcool. On n’a jamais vendangé en mi-août auparavant. »
Le Comité Champagne a fixé les dates de récolte à peine deux jours avant leur début, créant un timing serré pour les producteurs. « Il faut organiser les pressoirs et les transporteurs, mais aussi trouver des vendangeurs disponibles en plein été », précise Sylviane Couvent. Les conditions météo restent préoccupantes : « Même si les vendanges d’aujourd’hui diffèrent de celles du passé, la chaleur est à la limite de ce que l’on peut supporter. »
Bastien Simon, maître des vins du domaine Simon-Legrand, explique que les raisins réagissent rapidement aux variations climatiques : « Le risque d’une dégradation rapide est élevé si le temps reste chaud. Cela rend chaque jour de vendange particulièrement délicat. »
Cette année marque une étape critique pour les vignes d’Aisne, où la canicule et l’eau rare contrôlent désormais leur récolte.