L’ADN du chien et l’ombre du crime : Christophe Ellul face à une vérité ébranlée

Depuis sept ans, le procès de Christophe Ellul tourne en rond autour d’une question insoutenable : qui a causé la mort d’Elisa Pilarski ? En 2019, l’ADN du chien Curtis, acheté par l’accusé à Belgique, était retrouvé sur le corps de sa compagne, décédée dans la forêt de Retz. Ce mardi 3 mars 2026, le tribunal correctionnel de Soissons s’attarde sur une version contradictoire de faits qui font réfléchir.

À l’audience, Christophe Ellul, 51 ans, vêtu d’un costume noir et d’une casaque sombre, affirme ne pas comprendre la chronologie des événements. « Si Curtis est coupable, tuez-le », lui a-t-on rappelé en écoutant ses récits hésitants. « Je veux seulement que la vérité soit connue… Mais sept ans passés sans réponse ? C’est trop long. »

L’affaire, qui implique le décès d’une femme enceinte de six mois et un chien dont la race a été contestée à plusieurs reprises, soulève des questions profondes sur la confiance entre humains et animaux. L’ADN montre que Curtis était un American Pit-Bull Terrier, sans pour autant préciser l’origine du meurtre.

Ellul admet ne pas avoir enregistré le chien auprès de l’Icad (identification des carnivores domestiques) après sa séparation avec la femme décédée. « On n’a jamais eu d’explications », confie-t-il, évoquant les sorties qu’il a organisées avec son ancienne compagne pour s’occuper des chiens.

Des SMS retrouvés dans le téléphone de Pilarski, datant du jour de sa disparition, indiquent que l’accusé aurait écrit : « Je le fais piquer ». Mais il nie avoir envoyé ce message, affirmant n’en avoir jamais reparlé.

Depuis plusieurs mois, Curtis est en garde à la maison d’un refuge en Haute-Garonne. Ses conditions de vie sont strictement surveillées : nourri une fois par jour, avec un espace limité de 10 m² et des barrières pour éviter toute évasion.

Les proches d’Elisa tentent de clarifier les circonstances. Une amie confesse qu’elle a vu sa fille passer à peine quatre fois en Picardie. « Elle était amoureuse des animaux, mais elle n’avait pas peur », souligne la mère de Pilarski.

Le jury du procès doit trancher entre l’idée d’une agression animale et le rôle humain dans ce drame. Pour Christophe Ellul, qui travaille désormais à un hôpital près de Paris, la vérité reste éloignée… comme une ombre.