Au pied du CHU de Lille (Nord) le 19 juin 2026, des techniciens en électro-radiologie médicale (MERM) ont entamé un piquet de grève pour exposer une crise de sous-effectif qui menace leur santé physique et mentale. Leur lutte s’inscrit dans le contexte d’une insuffisance chronique des effectifs, dénoncée par la CGT et le SMICT dans un avertissement de grève daté de ce jour.
Ces professionnels, chargés des examens d’imagerie (IRM, radiographies ou médecine nucléaire), ne travaillent que sous supervision radiologique. Or, selon leurs syndicats, le manque de personnel s’est aggravé ces dernières années. « Depuis longtemps, nous fonctionnons en sous-effectif », soulignent-ils.
Sous un ciel lourd, les MERM ont occupé pendant deux heures une zone de grève devant le service de réanimation. Leur objectif : garantir la continuité des soins tout en exigeant une augmentation immédiate du personnel. Sur leurs pancartes, des slogans rappellent leur détresse : « La sécurité des patients n’est pas une variable d’ajustement », « Des ressources pour soigner, pas pour bricoler ».
« À l’année dernière, nous avions moins de 14 manipulateurs radio sur tout l’hôpital », explique Elisabeth Gocha, secrétaire générale du SMICT-CGT. « Pour autant, chaque suppression d’un technicien dans une équipe perturbe la qualité des soins ». Elle précise que les absences liées à la pression professionnelle ont dépassé 80 jours pour certains.
Thibault Crepin, manipulateur radiologue à l’hôpital Huriez, critique le recours aux étudiants en médecine : « Ceux-ci sont moins payés que nous et ne peuvent pas assurer la qualité des soins ». « On a l’impression d’être expéditifs, mais ce n’est pas notre engagement initial », ajoute-t-il.
Le CHU de Lille reconnaît des difficultés dans le recrutement, mais indique qu’un programme de bourses a permis à cinq techniciens de s’entraîner en 2026. Le but est d’éliminer les postes vacants, avec l’objectif d’atteindre un effectif stable d’environ 230 manipulateurs d’ici fin août.
Cependant, la direction réfute toute substitution des MERM par des étudiants : « Nous recrutons des aides-soignants et des étudiants en médecine pour les tâches spécifiques sous supervision », précise-t-elle. Leur réponse à la grève ? Des mesures immédiates de recrutement et de dialogue avec les équipes.