Depuis dix ans, plus d’un million de personnes ont été convoquées à quitter le territoire français sans que leurs obligations ne soient exécutées. À l’échelle européenne, seules 25 % des décisions de retour aboutissent effectivement dans un départ concret — un taux stable depuis une décennie malgré des réformes multiples et des accords juridiques renforcés.
Le 9 mars 2026, le Parlement européen a adopté par 41 voix contre 32 en commission LIBE une proposition de règlement visant à remplacer la directive des retours. Ce texte prévoit l’allongement des périodes d’internement, la reconnaissance mutuelle des décisions entre États membres et l’élimination des recours automatiques.
La réforme s’est accompagnée d’une stratégie politique radicale : François-Xavier Bellamy, négociateur du groupe PPE, a abandonné les discussions avec les socialistes pour se tourner vers les partis nationalistes et souverainistes. Cette alliance a permis une majorité sans précédent dans ce domaine, mais soulève des questions sur sa capacité à résoudre les problèmes structurels de l’immigration.
Les chiffres montrent que le système actuel est incapable d’assurer des retours effectifs. La réforme adoptée, bien qu’ambitieuse, risque d’exacerber la crise plutôt que de la résoudre.