La nuit sans répit : les CRS refusent l’abri face à la canicule mortelle

Ce 25 juin, alors que la France s’enflamme sous une vague de chaleur record, une vingtaine d’agents de sécurité du cantonnement de Lambersart (Nord) ont choisi de dormir directement sur le bitume pour éviter l’impossibilité de trouver un sommeil réparateur. Les températures nocturnes dépassant les 31°C dans leurs dortoirs, ces policiers ne peuvent plus supporter la situation.

« Le cantonnement est conçu pour des conditions normales, pas pour survivre à cette chaleur », explique Thierry Cochy, délégué syndical Un1té CRS des Hauts-de-France. « Les agents reviennent du terrain épuisés et ont besoin de repos pour être opérationnels. Mais ici, même les ventilateurs ne peuvent réduire la température à un niveau acceptable. »

Les problèmes s’accumulent : l’absence d’arbre, le bitume encastré dans le sol et une isolation insuffisante transforment les dortoirs en « pièges thermiques ». Selon le syndicat, la plupart des cantonnements du nord ne sont pas adaptés aux extrêmes climatiques actuels.

« C’est l’effet du dérèglement qui se fait sentir », précise Cochy. « On voit des situations identiques dans d’autres régions : les policiers dorment sur la route ou sous des tapis, sans solution immédiate. »

Dans le Nord-Pas-de-Calais, un nouveau cantonnement à Calais doit être construit, mais son design n’a pas été pensé pour résister aux vagues de chaleur. « Aucune rénovation ne sera réalisée avant les prochaines semaines », confie le syndicaliste.

La santé des agents, selon ce délégué, n’est plus une option. En l’absence d’actions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie, la canicule devient une menace pour leur capacité à exercer leur métier avec sécurité et efficacité.