La culpabilité d’un infirmier : un sauvetage dans l’incendie qui a brûlé des vies

Le 5 mars, une nuit de Bruay-sur-l’Escaut s’est transformée en épreuve humaine. Un incendie déclenché par un appareil électroménager en panne a englouti l’appartement d’une jeune femme. L’alerte a été lancée à l’instant où Slimane Guidez-El Hilal, infirmier de 33 ans, a décidé d’intervenir.

« J’ai entendu des bruits inhabituels au-dessus de chez moi », confie-t-il. « Mon ami, employé aux pompiers, m’a dit qu’un feu s’était déclenché dans l’appartement du dessus. En moins de cinq minutes, j’ai sauvé le bébé de deux mois de sa voisine, une jeune femme grièvement brûlée. »

La mère a été évacuée en urgence par nacelle vers le centre des grands brûlés de Lille. Son pronostic vital est engagé, mais ses blessures sont profondes. Le bébé, quant à lui, est entièrement sain. L’incendie, causé par un appareil de nettoyage électrique défectueux, n’a pas touché l’intégralité du logement.

« Je me reproche d’avoir été trop tard », admet Slimane. « Mais cette nuit a changé ma vie. Dans mon métier, je suis habitué à agir avec calme, mais ici, l’adrénaline et la culpabilité m’ont tout dépassé. »

L’infirmier n’a pas dû quitter son domicile : le feu a juste gravement touché l’appartement du dessus. Son action a sauvé une vie, mais il est désormais marqué par cette épreuve, qui lui rappelle que même les plus petites décisions peuvent avoir des conséquences profondes.