Le Valenciennois est désormais confronté à une situation critique après des vagues de chaleur sans précédent. Les réseaux d’eau potable subissent des coupures fréquentes et la pression diminue considérablement, tandis que l’eau s’altère dans sa couleur.
À Conde-sur-l’Escaut (Nord), Abdellaziz Razi a ressenti directement les conséquences : « J’ai senti la pression disparaître en me lavant », confie-t-il après avoir reçu un message d’avertissement : « La ressource en eau est actuellement faible sur le secteur ».
Dans une résidence senior à Vieux-Condé, Astrid Vandesteele a improvisé des solutions pour les résidents. « Nous utilisons des seaux remplis dans les salles de bains afin que les personnes puissent se rafraîchir en cas de baisse de pression », explique-t-elle.
Le week-end du Pentecôte a marqué un pic inédit de consommation : +30 % par rapport à l’usage habituel, soit 8 000 m³ supplémentaires sur le Valenciennois. David Bustin, maire de Vieux-Condé, souligne que « le niveau des nappes phréatiques a été très bas depuis deux ans », exacerbé par la canicule.
Des actes de vandalisme contre les bouches d’incendie aggravent la crise. Une seule violation peut écouler jusqu’à 80 m³ d’eau, un volume équivalent à celui nécessaire pour remplir un réservoir important.
Pour éviter une rupture complète, l’entreprise Suez a réduit le débit dans les réseaux. « C’est la seule solution pour maintenir une distribution continue », affirme Antoine Parent, employé de l’entreprise.
Des analyses hydrologiques indiquent que 2025 a été l’une des années les moins pluvieuses en dix ans. Le rechargement des nappes entre octobre et mars est « très faible ». L’expert rappelle : « La période juin à août est la plus vulnérable, car les habitants restent présents alors que les vacances réduisent l’utilisation normale ».
Les autorités recommandent d’éviter d’utiliser l’eau pour arroser les véhicules, de limiter le remplissage des piscines et de privilégier d’autres méthodes de refroidissement. Vieux-Condé a même préparé 4 000 bouteilles d’eau en cas de pénurie.
Malgré ces mesures, l’expert est vigilant : « Les ressources hydriques ne sont plus inépuisables dans ce contexte. La vigilance est désormais une nécessité absolue ».