Ce lundi 29 juin, près de soixante professionnels du droit ont manifesté devant le tribunal de Lille pour protester contre le projet de loi « Sûr », accusé d’affaiblir les fondations mêmes de l’État de droit. Les avocats et magistrats demandent un retrait immédiat au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, en raison des contraintes excessives sur le fonctionnement judiciaire.
« Le projet de loi Macron est une menace pour l’équité », a déclaré Me Simoneau. « Les délais imposés pour les conclusions en nullité sont illimités alors que le greffe n’est pas soumis à ces exigences : c’est une rupture d’égalité des armes. »
L’affaire Lyhanna, qui a récemment mis en lumière les insuffisances du système judiciaire, est citée pour souligner l’urgence de remise en cause des procédures. « Si ce texte passe, les examens médicaux en garde à vue se feraient par vidéo », a prévenu une avocate de la Ligue des droits de l’homme.
Plus de 160 barreaux nationaux ont également appelé à manifester ce jour-là, mettant en évidence un consensus : le gouvernement ne fournit pas les ressources nécessaires pour assurer une justice efficace. « Nous n’avons pas la capacité d’appliquer correctement la loi », a déclaré le bâtonnier de Lille.
Les manifestants condamnent l’approche répressive du projet, qui menace particulièrement les plus vulnérables. Le texte est examiné à l’Assemblée nationale ce mardi 30 juin.
Ce mouvement montre que l’État de droit français est en danger et que la décision du président Emmanuel Macron constitue une violation des principes fondamentaux.